Les prémices du e-commerce en 3D

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Selon une étude de 2008 du Credoc, 74% des Français jugent gênant de ne pas pouvoir toucher ou voir les produits. Cette limite a toujours été un des principaux freins à l’achat en ligne. De simples photos ne sont pas toujours suffisantes pour se faire une bonne idée d’un produit. Pour y remédier, certains commerçants proposent de visualiser leurs produits en 3D, grâce à un système de rotation de 360 degrés. D'autres commerçants, comme But ou Castorama, proposent des simulateurs 3D pour concevoir sa cuisine et obtenir un aperçu réaliste des possibilités. Il faut en revanche installer un logiciel pour essayer le simulateur, ce qui constitue un inconvénient majeur.

packshot Le site packshot-creator.com propose de photographier les produits en 360 degrés afin de pouvoir les observer sous tous les angles, y compris de haut en bas. L’internaute peut manipuler les objets comme il le ferait dans un magasin physique. L’animation obtenue peut être en HTML 5 et donc présenter l'avantage de fonctionner sans plugin.

La 3D permet de fournir au client une meilleure information sur le produit et donc très probablement d'augmenter les ventes. RealeyeZ3D, spécialiste de la présentation en 3D des bijoux, parle d'une augmentation de 300% des ventes. L'impact de la 3D sur les ventes est plus important sur les produits coûteux et/ou luxueux, car le client ressent davantage le besoin d'être rassuré sur la qualité du produit qu'il souhaite acheter. S'il est difficile de chiffrer l'impact réel de la 3D sur les ventes, il est indéniable qu'elle apporte un plus à l'expérience client en apportant de l’interactivité. Dans un environnement concurrentiel fort, la 3D peut représenter un avantage concurrentiel et aider à se démarquer de ses concurrents.

De plus en plus présente sur les sites web des gros acteurs de l'e-commerce, la 3D reste encore difficilement accessible pour les petits cybercommercants. Une simple photographie 360 degrés d'un produit, ne permettant qu'une rotation horizontale, coute actuellement entre 50 et 100 euros. Et la facture gonfle vite pour une visualisation plus évoluée. L'utilisation de la vidéo peut alors représenter une alternative nettement moins coûteuse.

Certaines sociétés voient encore plus loin l’e-commerce de demain et ont imaginé des mondes virtuels en 3D où l’internaute peut effectuer son shopping. Le résultat ressemble à un jeu vidéo où l’internaute dirige un personnage (parfois avec une vue à la première personne) à travers les rayons. C'est le type d'expérience que propose VirtualEShopping ou encore Virtuy Mall.

virtualeshopping
Illustration de VirtualEShopping

Si la sensation de liberté et le plaisir de flâner dans les galeries marchandes virtuelles sont appréciables, certains inconvénients sont à constater :
  • Les graphismes sont souvent assez pauvres et les décors vides.
  • L’internaute met trop de temps à aller de produits en produits. On est loin de la rapidité de navigation qu’offre un site Internet classique.
  • Il est généralement nécessaire d’installer un logiciel ou un plugin pour faire fonctionner les applications.
  • Les possibilités sont limitées par la vitesse de connexion des utilisateurs. Seule la fibre optique pourrait permettre d’offrir des mondes virtuels très attrayants.

Enfin, lancés il y a quelques années, beaucoup de services d’e-commerce en 3D ont fermé. Est-il encore trop tôt pour que les galeries marchandes virtuelles attirent les cyberacheteurs ou bien est-ce tout simplement une fausse bonne idée ?