Attention aux nouvelles extensions !

nouvelles extension nom de domaine

En 2012, le monde du web devrait voir apparaitre de nombreuses nouvelles extensions de noms de domaine. L’ICANN (organisation à but non lucratif chargée d’administrer et de réguler le système des noms de domaine) a en effet approuvé le 20 juin 2011 la libéralisation des noms de domaine. Concrètement, n’importe quelle personne morale sera en mesure de créer et gérer une extension, moyennant l’approbation de l’ICANN. Cette validation sera néanmoins difficile à obtenir pour les prétendants. Il faudra constituer un solide dossier de candidature et payer la somme de 185 000 dollars, à quoi s’ajouteront 25 000 dollars par an de frais de gestion.

Sur le long terme, selon l’ICANN, le nombre d’extensions génériques pourrait être multiplié par 50 et atteindre les 1000. De nombreuses entreprises et institutions ont d’ores et déjà déposé leur dossier de candidature à l’ICANN. Ces dossiers concernent aussi bien des extensions génériques que des extensions géographiques, communautaires ou composées de noms de sociétés privées.

- Projets de nouvelles extensions génériques : .Car, .Earth, .Hotel, .Music, .Phone, .Radio, .Shop, .Ski, .Site, ...
- Projets de nouvelles extensions géographiques : .Africa, .Fra, .London, .Nyc, .Paris, .Roma, .Quebec, ...
- Projets de nouvelles extensions communautaires : .Gay, .Golf, .Green, .Peace, .Wine, ...
- Projets de nouvelles extensions de noms de sociétés ou d’organisations : .Canon, .Deloitte, .Unicef

Si l’ouverture à de nouvelles extensions génériques peut sembler innovante, il n’en est rien. Régulièrement, l’ICANN a autorisé des sociétés à créer de nouvelles extensions. C’est ainsi que le .museum (destiné aux musées, créé en 2001), le .name (destiné aux individus, créé en 2001), le .coop (destiné aux coopératives, créé en 2001), le .aero (destiné aux industriels du transport aérien, créé en 2002), le .jobs (destiné aux sites d'offres d'emploi, créé en 2005), le .travel (destiné à l'industrie du voyage, créé en 2005), le .mobi (destiné aux sites optimisés pour les terminaux mobiles, créé en 2006) ou encore le.tel (créé en 2006) ont vu le jour. Certains ne vous disent rien ? C’est normal, beaucoup ont été des flops retentissants.

Si le .museum (dont on ne compterait seulement que près de 500 noms enregistrés) semblait être une bonne idée lors de sa création, les musées ont complètement ignoré cette extension. Le musée du Louvre communique par exemple sur www.louvre.fr. Beaucoup d'extensions ne répondent absolument pas à une demande du marché et voient de surcroît leur attractivité minée par des frais d'enregistrement très élevés. Comment alors ne pas se poser de questions sur la viabilité des nouvelles extensions telles que le .golf, .wine, .phone, … ? Pourquoi les vendeurs de téléphones et les opérateurs en téléphonie voudraient-ils davantage du .phone que les agences de voyage et les compagnies aériennes ont voulu du .travel ?

Il est fort probable que certaines nouvelles extensions tirent leur épingle du jeu et s'imposent sur le marché des noms de domaine. Les extensions géographiques pourraient être les mieux placées pour réussir. Tout dépendra de la communication qui sera faite autour des nouvelles extensions et de la présence ou non de gros acteurs du web utilisant ces nouvelles extensions. Mais ne nous y trompons pas, la libéralisation des noms de domaine pourrait conduire à bien plus de flops que de succès.

Jusqu’à présent, les extensions principales sont gérées par de grosses entreprises publiques comme Verisign (gestionnaire notamment du .com et du .net) ou bien encore par des associations publiques à but non lucratif comme l’AFNIC (gestionnaire du .fr) ou encore Eurid (gestionnaire du .eu). La puissance et le caractère publique de ces organismes garantissent la pérennité des extensions. Mais puisque désormais n’importe quelle personne morale sera susceptible de gérer une extension, que se passera t-il en cas de dépôt de bilan ? Dans un scénario pessimiste, les dépositaires de nom de domaine pourraient être amenés à perdre leur nom, ce qui signifie perdre toute la notoriété de ce dernier, acquis souvent à l’aide de frais marketing élevés. Le préjudice peut donc être très important !

Vous l’aurez compris, en matière de choix de noms de domaine, la prudence est de mise concernant les extensions. Préférez donc les .fr, .com, .net, … ou attendez de voir si la nouvelle extension que vous convoitez connait un gros succès. Quel intérêt à payer plus cher (parfois jusqu'à 20 fois le prix d'un .com) pour une extension quasi inconnue du grand public et qui n'apportera par conséquent aucune crédibilité à votre site ?